Le zocalo - Mexico
Le rêve mexicain
ou la pensée interrompue
de J-M-G Le Clézio
Collection Folio
Résumé :
Ce livre raconte la colonisation du peuple mexicain par Hernan Cortés en 1 517 et la fin de la civilisation indienne du Mexique, de ses rites et de ses mythes. ..Témoignage émouvant du soldat Bernal Diaz del Castillo des derniers jours du règne des Aztèques. Choc des deux mondes d’où vont naître des siècles de colonisation.
Cette narration engendre une question sur notre civilisation actuelle : Qu’aurait été notre monde s’il n’y avait eu la destruction des peuples indiens, si la violence du monde moderne n’avait pas aboli cette magie, cette lumière ?
Ce que j’en dis :
Je n’ai pas acheté ce livre par hasard mais parce que le Mexique fait partie des pays où j’ai séjourné et qui m’ont laissé une empreinte forte.
C’était il y a tout juste un an…Je revins sous le charme absolu de ce pays, de ce peuple accueillant, croyant, d’une gentillesse extrême, festif, malgré un faible niveau de vie.
Dans des paysages d’une rare beauté, les vestiges du passé sont omniprésents, étroitement mêlés à la vie quotidienne…Douloureux passé de conquêtes, de spoliations, de domination qui est décrit superbement dans cet ouvrage. Les étapes de la colonisation au 16e siècle par Hernan Cortés y sont parfaitement expliquées dans une première partie du livre, puis ce sont les rites et mythes qui le sont, l’importance et la fascination pour le Soleil et le feu en sont le cœur. Au fil des pages j’avais l’impression de vivre de « l’intérieur » les souffrances endurées par ce peuple et mon émotion était vive…mais de part et d’autre une folle imagination dans la cruauté…
L’ère moderne a aboli la civilisation indienne du Mexique et sa magie…cela interpelle, c’est le moins que je puisse dire… Ce récit ne peut laisser indifférent même si l’on n’est pas allé au Mexique.
Extrait :
C‘est ce roi, ce dieu vivant, qui s’avance maintenant vers Hernan Cortés, qui l’accueille aux portes de Mexico-Tenochtitlan. Il y a maintenant plus d’un an qu’ils se cherchent par les paroles, et que l’angoisse de Moctezuma grandit chaque jour. Cet instant est fabuleux, tragique. C’est l’instant suprême de la rencontre entre les deux mondes, entre les deux civilisations, d’un côté la puissance divine, de l’autre la puissance de l’or et des armes…
Les dieux, les mythes sont derrière chaque événement. Sur le Mexique règne une ferveur, une splendeur mystique inconnues de l’occident. Comme sur les civilisations mayas ou toltèques, plane l’ombre de la fatalité. Mais en contrepartie, il y a l’exaltation, l’ivresse, le partage. Les dieux indiens ne sont pas inaccessibles. Ils ne sont pas indifférents. Ils sont très proches, ils sont liés à la terre et aux êtres vivants par un pacte de sang.
Commentaires