Iain Pears
10/18
Grands détectives 190 p.
J'ai mis un temps fou à lire ce livre ! D'abord, dès les premières pages, je m'aperçois que c'est le personnage principal qui va raconter son histoire sous la forme d'un long monologue...je suis un peu déçue...sans doute à cause de "L'affaire Raphaël" qui se déroulait aussi dans le milieu de l'Art mais qui avait la forme classique des intrigues policières.
Néanmoins j'ai poursuivi ma lecture pas à pas car tout de même je voulais savoir pourquoi Henry MacAlpine, jeune peintre ambitieux, avait fui brusquement l'Angleterre pour s'installer sur l'île de Houat et pourquoi il semblait éprouver un fort ressentiment, en fait on s'aperçoit au fil des pages que ce ressentiment est très proche d'une haine mortelle, pour son ancien Maître et ami, William Nasmysth, le critique à la plume féroce, qui le rejoint sur l'île afin qu' Henry lui fasse son portrait.
L'atmosphère est pesante dans l'évocation du milieu artistique de l'époque, fin 19e début XXe; on pénètre au sein d'une société très codifiée à l'aspect coupant, intransigeant avec ses perversités, ses cruautés. On sent la toute puissance du critique et l'admiration du jeune Henry, complètement sous sa coupe, presque asservi par cette relation fusionnelle.
La rencontre avec Evelyn, modèle et peintre, personnage ambigu, sera un tournant dans sa vie, dans leur vie à tous les deux. Les révélations progressives du peintre prennent la tournure d'un véritable règlement de comptes, la tension devient extrême entre les deux hommes jusqu'au trait final qui laissera libre court à notre imaginaire.
Le style est riche, le lexique puissant, copieux, envoûtant.
Extrait:
Bien, bien, bien. Entre donc, Mon Cher Ami ! Laisse-moi te regarder...Mais d'abord, dans mes bras ! ça n'est pas tous les jours qu'on revoit un ami après presque quatre ans de séparation...Tu n'as pas changé. Je mens, bien sûr...
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